Les travaux scientifiques

Consolidation des empreintes

Fragilisées par la proximité du sol, soumises désormais à des conditions atmosphériques qui conduiraient rapidement à leur altération, les empreintes mises à jour sont consolidées par une imprégnation sur l’ensemble des surfaces dégagées lors de la fouille. Ce traitement se complète par un rebouchage des fissures et par une couverture protectrice du gisement durant la période hivernale.

Numérisation des données

Ainsi finement préparée, chaque piste est mémorisée et numérisée par une couverture photographique et orthophotographique ainsi que un par scannage lasérométrique. Cette documentation fournit, à différentes échelles, un ensemble de données biométriques s’attachant au décryptage des pistes de locomotion, à leur orientation, à la dimension des pas, des enjambées…et à toutes quantifications utiles à l’identification de l’animal ayant laissé trace de son cheminement. Ainsi, la taille et le poids des dinosaures, leur vitesse de déplacement, leur comportement vis à vis de la plasticité du sol seront calculés ou déduits de ces différentes mesures.

Traces, empreintes et pistes fossiles

Tous les animaux laissent des traces de leurs activités : nids, terriers, restes de repas, etc. Mais celles-ci sont généralement éphémères. Lorsqu’un animal marche sur un sol meuble, il y laisse ses empreintes, qui seront ensuite, la plupart du temps, effacées par les éléments naturels : la pluie, le vent, les vagues, etc. Parfois, elles sèchent, durcissent, sont enfouies, et sont susceptibles de se conserver durant des millions d’années : elles sont alors fossilisées.
D’après les premières découvertes, la faune du gisement de Plagne traduit une diversité du plus petit au plus grand, allant de pistes de crustacés millimétriques aux gigantesques empreintes de dinosaures sauropodes. 
 

Le sauropode « Odysseus »

La principale piste de dinosaure sauropode exhumée a été surnommée Odysseus. En été 2010, elle est dégagée sur une distance de 87 mètres et se compose de 66 pas gigantesques dont la taille et la forme évoque le passage d’un dinosaure de type Diplodocus ou Apatosaurus (le Brontosaure). De telles empreintes ont déjà été trouvées dans le Jura à Coisia (39) et à Loulle (39), mais bien souvent de plus petite taille.
Le dinosaure sauropode de Plagne devait dépasser 30 m de longueur pour au moins 40 tonnes : Un géant parmi les géants !

Le théropode « Maxime »

Découverte pendant les fouilles par Dominic Orbette, la piste baptisée « Maxime » correspond à un animal bipède à pattes tridactyles munies de puissantes griffes à l’extrémité des doigts. C’est un dinosaure théropode, carnivore et probablement actif prédateur. Mais, à l'exception des jeunes individus, les sauropodes avaient peu à craindre de ces petits carnivores. Trois autres pistes de théropodes, plus discrètes, ont ensuite été repérées.
 

Géologie, SÉDIMENTOLOGIE ET PALÉOENVIRONNEMENTS

Les cartes géologiques nous renseignent sur l’âge et la nature des couches affleurantes. A Plagne, au lieu-dit « Sur la Croix », les pistes de dinosaures sont conservées dans des calcaires attribués au Tithonien. Afin de caractériser les couches fossilifères et de les localiser rigoureusement dans l’empilement sédimentaire, plusieurs coupes stratigraphiques sont levées aux alentours et de nombreux carottages permettent le prélèvement d’échantillons de roche. Ceux-ci conduisent à reconstituer la succession des niveaux bancs par bancs avec une précision centimétrique. L’étude des échantillons au microscope abouti ensuite à l’identification des contextes sédimentaires et environnementaux qui sont à l’origine de la roche.
Les couches calcaires du Tithonien sont caractérisées, aux environs de Plagne, par l’empilement de deux principaux types de roche :
   - des calcaires d’aspect caverneux, « à tubulures » résultant de l’action d’organismes fouisseurs (crustacés, vers…), résultant de sédiments accumulés dans une lagune peu profonde.
   - des calcaires très finement feuilletés (laminites) ayant préservé les empreintes de pas de dinosaures et traduisant un apport rythmique des sédiments sous l’action des marées.

En complément de l’étude géologique, de nombreuses observations sédimentologiques et paléobiologiques permettent de préciser l’environnement fréquenté par les dinosaures. L’alternance répétitive de ces niveaux calcaires est à comparer à la sédimentation qui, de nos jours, s’effectue sur les plaines d’estran de l’île d’Andros, aux Bahamas. Cette analogie suggère l’existence, au Jurassique terminal, d’environnements comparables dans la région de Plagne. A l’extrémité méridionale de la plateforme jurassienne, de vastes étendues boueuses, épisodiquement exondées, étaient alors fréquentées par des dinosaures.
 

 

 

 

Empreinte à Dinoplagne

Protection des empreintes de dinosaures à Plagne